Le festival Jeux de Vagues présente sa deuxième édition, 

PROUST MUSICOMANE

Des Musiques exhumées au Temps retrouvé

Une surprenante programmation que celle proposée par le festival JEUX DE VAGUES !

Quel lien peut-il y exister entre Chabrier, Beethoven, Fauré, Hahn, Massenet, Wagner, et les chanteurs de café-concert que sont Yvette Guilbert, Mayol ou Fragson ?

Une belle inconnue, une note longue, cinq notes, une petite phrase, une blanche sonate, un rouge septuor,  qui irriguent, scandent et transcendent l’ensemble de la Recherche du temps perdu,  composés par un certain Vinteuil, personnage fictif de Marcel Proust.

En étroite collaboration avec M. Jean-Yves Tadié, Dinardais de cœur et spécialiste mondialement reconnu de l’œuvre de Marcel Proust, François Le Roux, Nicolaï Tsygankov, Sarah Brayer-Leschiera, Alain Brunier, Laurent Le Flécheur, Hélène Déchin et Emmanuel Mercier vous invitent à explorer toute la richesse et la densité de l’univers musical de l’auteur de la Recherche.

Imprégné par la culture et la musique de son temps, familier du répertoire classique, habitué des salons et des salles de concert qui multiplient les saisons musicales données par les brillantes phalanges orchestrales que sont les orchestres Colonne, Lamoureux et Pasdeloup ou encore l’emblématique Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire (l’un des plus prestigieux au monde à l’époque), Proust a rassemblé dans son roman la quintessence de la création musicale à la lisière des XIXe et XXe siècles.

À travers la figure imaginaire du compositeur fictif Vinteuil, Proust crée un archétype en s’inspirant de ses modèles contemporains. Bien que Proust ait décrit longuement l’œuvre de Vinteuil, s’en serve et en tire profit, il se garde bien de citer ses sources d’inspiration.

Conservant leur mystère au-delà des indices que l’auteur a fournis tant dans la Recherche que dans ses cahiers et sa correspondance, les opus de Vinteuil ont donné lieu à nombre de savantes dissertations et élucubrations. Pressé de préciser les origines de son inspiration, Proust cite Franck, Fauré, Wagner, quelque chose de Schubert… un vrai serpent à sonates, pour reprendre le calembour que l’auteur osa dans La Recherche

Une programmation originale car elle témoigne également des relations que Proust entretenait avec la musique ! Tout à la fois graves et sérieuses ainsi que distanciées, empreintes d’humour et d’ironie. Elle reflète ses goûts éclectiques. Passionné de bonne musique, il appréciait la mauvaise musique dont la place, nulle dans l’histoire de l’Art, est immense dans l’histoire sentimentale des sociétés.

Une programmation donnée dans un lieu presque proustien, puisque Marcel Proust, en croisière sur l’Hélène, un yacht à vapeur, découvrant le 14 août 1904 la baie de Dinard dit  que le vent souffle un peu, le vent qui à Paris est si laid parce qu’il ne soulève rien – que de la poussière – et qu’il n’est pas un joailler comme le vent de mer qui change des saphirs en émeraudes et les brode d’argent clair.

Brigitte Déchin & Emmanuel Mercier